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Ce qu'il faut savoir sur la bronchite vermineuse

La bronchite vermineuse est une maladie parasitaire, qui atteint traditionnellement les jeunes bovins lors des deux premières années de mise à l'herbe. Elle connaît une recrudescence notable chez les bovins adultes. Les baisses de production sont importantes et des cas de pneumonies mortelles peuvent survenir. La mise en place de mesures de lutte dans un cheptel, demande une connaissance précise des mécanismes de la maladie et des pratiques d'élevage.


Quand faut-il suspecter la bronchite vermineuse ?


La bronchite vermineuse doit obligatoirement être évoquée en cas d'apparition, parfois brutale, de troubles respiratoires chez les bovins au pâturage. Les symptômes peuvent varier en fonction de l'animal et du mécanisme de la maladie : respiration accélérée, toux quinteuse à l'effort, quelquefois mort par asphyxie. La maladie est désormais considérée comme responsable de la moitié des cas de « toux d'été » des vaches laitières.


Quel parasite est responsable de la bronchite vermineuse ?


La bronchite vermineuse est provoquée par un ver parasite, le dictyocaule. Les bovins infestés hébergent les vers adultes dans leurs poumons. Ceux-ci pondent leurs œufs dans les conduits respiratoires. Les œufs sont expulsés par la toux vers la bouche du bovin, qui les avale. Les premières larves (appelées L1) éclosent et cheminent dans le tube digestif, puis sont éliminées dans les bouses. Une fois dans la pâture, les dictyocaules se transforment, pour devenir successivement des larves L2, puis, en une à trois semaines, des larves L3. Ces larves L3 constituent le stade infestant ! Elles sont absorbées par un bovin en même temps que l'herbe, perforent l'intestin et migrent jusqu'aux poumons pour y devenir des adultes. Le cycle du parasite est bouclé.


Les jeunes animaux en pâture sont habituellement les plus touchés

Quels animaux sont touchés par la bronchite vermineuse et pourquoi ?


Les animaux qui n'ont jamais été en contact avec les dictyocaules (principalement des jeunes) sont les premiers concernés, car ils ne sont pas immunisés. Si leur première infestation est massive, ils pourront développer une maladie, parfois grave.

Lors de ce premier contact avec le parasite, les bovins développent rapidement de fortes défenses immunitaires, qui les protègent des infestations suivantes. Toutefois, contrairement à ce qui se produit avec les strongles digestifs, cette immunité forte est peu durable. En 5 ou 6 semaines, il ne persiste qu'une immunité « mémoire », qui devra être réactivée quand l'animal sera exposé à nouveau aux dictyocaules.

Cette immunité résiduelle est à l'origine d'une autre forme de la maladie. Sa réactivation chez des animaux plus âgés (c'est le cas pour certaines laitières), déclenche quelquefois un phénomène allergique aigu, comparable à l'asthme.


Dans quelles circonstances surviennent plus aisément les épisodes sévères ?


A l'air libre, les larves de dictyocaules supportent très mal le froid et le temps chaud et sec. Sous ces conditions climatiques (hiver, début d'été), le cycle évolutif des parasite est coupé et les pâtures s'assainissent rapidement.

En revanche, les larves L4 de dictyocaules peuvent survivre tout l'hiver en « hypobiose » (une forme de vie ralentie) dans les ganglions et les poumons de certains bovins infestés, mais qui ne sont pas malades. De retour au pâturage, le cycle reprendra et la maladie pourra se redévelopper dans le troupeau.

D'autre part, si les conditions climatiques leur sont plus favorables (hiver très doux), quelques larves peuvent survivre dans les bouses. Le retour des beaux jours leur offrira des conditions idéales et elles seront à nouveau au contact des bovins. Elle produiront alors très rapidement une nombreuse descendance et provoqueront en quelques jours un pic de contamination.

Les mêmes mécanismes expliquent le risque important de résurgence de la maladie après les épisodes pluvieux d'été et d'automne, même lorsque qu'une période sèche avait auparavant assainit la situation.


Comment la bronchite vermineuse peut-elle apparaître dans un cheptel sain ?


Dans presque tous les cas, la bronchite vermineuse est une maladie qui s'achète ! Les animaux qui hébergent des larves en hypobiose, ne présentent aucun symptôme. Ils peuvent être achetés en toute bonne foi durant l'hiver et contaminer les pâturages dès la mise à l'herbe. Or, si les autres animaux n'ont jamais été en contact avec le parasite, ils ne sont pas du tout immunisés ! Ils seront particulièrement sensibles.

La vigilance accrue à propos de l'origine des bovins achetés est un élément essentiel de la prévention de la bronchite vermineuse.

La contamination peut aussi s'effectuer par voisinage. Le principal vecteur dans ce cas est un champignon, le Pilobolus. Il se développe sur les bouses et  contribue à disséminer les larves, agglutinées sur ses spores.


Comment s'effectue le diagnostic de la bronchite vermineuse ?


En cas de suspicion, le diagnostic est d'abord un diagnostic épidémiologique de troupeau. Le vétérinaire doit identifier les risques auxquels les animaux ont été exposés : niveau d'immunité présumé, densité au pâturage, re-pâturage de parcelles contaminées, conditions climatiques, achats hivernaux de bovins, nature et qualité de la prévention antiparasitaire, etc.

La présence de dictyocaules peut alors être confirmée par une série d'analyses sur prélèvements de bouses, effectuées selon la méthode spécifique de Baermann. En cas de premier résultat négatif, il est conseillé de renouveler les analyses.


Comment lutter contre les dictyocaules ?


De nombreux antiparasitaires sont efficaces contre les dictyocaules. Cependant, il vaut mieux prévenir la bronchite vermineuse que devoir la guérir. Ses conséquences directes sont lourdes : pertes de production, mortalité. De plus, les bovins conservent quelquefois des séquelles respiratoires importantes.

Mettre en place une stratégie de prévention nécessite une collaboration étroite entre l'éleveur et le vétérinaire. Pour les jeunes, elle doit en effet s'articuler avec la lutte contre les strongyloses digestives, mais également tenir compte des spécificités du dictyocaule, et des pratiques d'élevage. Pour les adultes, elle est encore plus difficile à appréhender. Seule la vigilance de l'éleveur et la précocité du diagnostic peuvent réduire les conséquences.

La nature du traitement à la mise à l'herbe, la nécessité d'un renouvellement en milieu d'été ou à la rentrée à l'étable, varient radicalement en fonction du type de cheptel, des modes de pâturage, des achats de bovins, et des circonstances climatiques.

Seule une connaissance profonde et conjointe des spécificités du cheptel (celle de l'éleveur) et de la biologie du parasite (celle du vétérinaire) permettent d'obtenir le meilleur résultat !