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Quelle conduite tenir face à un problème d'avortements chez les petits ruminants?

Les avortements chez la brebis ont des causes très diverses et souvent infectieuses. Leur diagnostic combine les analyses de laboratoire et une enquête épidémiologique précise, qui seule permet d'interpréter correctement les résultats du laboratoire.


Quelles sont les principales causes d'avortement chez la brebis ?

 

Chez la brebis, les principales causes d'avortement son infectieuses : salmonellose (beaucoup plus rare chez la chèvre), chlamydiose, toxoplasmose, fièvre Q, listériose.

La brucellose, dont la recherche reste obligatoire dans chaque cas d'avortement, a presque disparu en France.

D'autres germes sont plus rares et ne sont généralement pas recherchés d'emblée : mycoplasmes, campylobacter, yersiniose, néosporeose, border disease, etc.

Outre ces microbes, ou associés avec eux, d'autres facteurs peuvent provoquer des avortements, en particulier des avortements précoces : stress de transport, variations climatiques, alimentation, etc.


A quel moment réagir ?

 

Il est important de réagir dès le deux ou troisième avortement ! L'obligation de déclaration pour la brucellose ne doit pas être vécue comme une contrainte, mais comme une opportunité. La visite du vétérinaire est à la charge de l'Etat et il sera à même de réagir plus tôt sur une série d'avortements.


Comment réagir en cas d'avortements précoces ?

 

Les avortements qui surviennent dans les deux premiers mois et demi de gestation sont souvent détectés tardivement par l'éleveur.

Dans les toutes premières semaines, quand les brebis ne se salissent pas et peuvent revenir en chaleur, on parle de résorption embryonnaire.

A un stade un peu plus avancé, les brebis se salissent et peuvent parfois rejeter un morceau du placenta. Dans tous les cas, il n'y a pas d'avorton.

Les recherches portent alors à la fois sur les causes infectieuses (analyses raisonnées) et non infectieuses, particulièrement les causes alimentaires :

  • excès d'azote soluble (pâture d'herbe jeune ou regains),
  • excès de nitrates (engrais azotés récents ou en excès),
  • présence de phyto-oestrogènes (trèfle ou luzerne),
  • carence en oligo-élément ou en vitamines.

 

Concernant les analyses de laboratoires pour recherche de microbes, elles s'effectuent essentiellement sur un échantillon de prises de sang sur les brebis (sérologies) et éventuellement sur des prélèvements intra-vaginaux, effectués par votre vétérinaire, dans des conditions stériles.


Quelle est la bonne attitude en cas d'avortements au delà de 2,5 mois de gestation ?

 

Au delà de 2 mois ½ de gestation, il y a des avortons. Leur présence permet de réaliser des recherches directes sur les agents infectieux potentiellement responsables.

 Dans un premier temps, le vétérinaire réalise une série de prélèvements pour analyses :

  • Prises de sang sur un minimum de 5 brebis, dont les plus anciennement avortées (elles ont eu plus de temps pour produire des anticorps). Idéalement, il est souhaitable d'étendre les prélèvements à 10 brebis, si le coût reste supportable;
  • Prélèvement d'avorton, de placenta et de lochies: les deux derniers sont prélevés directement dans l'utérus, par le vétérinaire. Des prélèvements vaginaux (écouvillons) peuvent également être réalisés jusqu'à 20 jours après l'avortement.

 

Concernant les avortons, il est indispensable de les tenir à disposition de votre vétérinaire, à l'abri de la chaleur, des prédateurs (chiens, rats...), et de toute cause possible de dégradation. Attention ! Ils doivent être manipulés avec des gants, certains germes d'avortements sont transmissibles à l'homme.

 

Le vétérinaire complétera son travail par une enquête épidémiologique détaillée sur l'élevage : symptômes relevés sur les mères, aspect des avortons, antécédents de l'élevage. Ce travail, fortement facilité par un cahier sanitaire bien tenu, permet d'interpréter correctement les résultats d'analyses, en tenant compte du contexte local, mais aussi régional.


Que faut-il attendre des analyses de laboratoire ?

 

Les analyses de laboratoire sont fiables, mais demandent à être interprétées.

Un résultat positif entraîne une forte suspicion sur la cause des avortements, mais s'il n'est pas en phase avec les symptômes relevés dans l'élevage, il doit être considéré avec grande prudence : ce n'est pas parce qu'un germe est détecté qu'il est obligatoirement à l'origine du problème.

De la même façon, une sérologie isolée, négative ou douteuse n'est pas très significative. Il est possible que le niveau d'anticorps de la mère soit en phase de montée au moment du prélèvement, mais pas encore détectable. Il est donc judicieux de refaire des analyses sérologiques sur les mêmes animaux 3 à 4 semaines plus tard, pour identifier éventuellement une montée d'anticorps.


Faut-il traiter toute de suite en cas d'avortements répétés ?

 

Si la fréquence des avortements est suffisamment faible et l'impact économique supportable, il est judicieux d'attendre les résultats d'analyses pour être plus certain d'appliquer un traitement ciblé, une fois la cause identifiée.

Si la fréquence est élevée et/ou l'impact économique trop pénalisant, un traitement précoce peut être envisagé. Il peut être ciblé si le vétérinaire a une forte suspicion sur le germe responsable, grâce à l'enquête épidémiologique (traitement avec des quinolones en cas de salmonellose, par exemple).

 

Dans les autres cas, un traitement généraliste peut être proposé, sans idée de la cause, avec évidemment moins de garanties quant à son efficacité (par exemple : oxytétracycline).

 

En fonction de l'historique et de la situation de votre élevage, nous pouvons établir avec vous le protocole de soins le mieux adapté à ces situations.