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La mise à l'herbe des bovins, une étape clé !

La mise à l'herbe chez les bovins est une période charnière où les animaux changent d’alimentation (de la ration hivernale à l’herbe jeune) tout en étant exposés à un nouvel environnement (intempéries, parasites…), à l'origine d’un stress biologique. Il convient, dans ce contexte, de prendre des précautions pour éviter certaines affections majeures.


Penser à la prévention de la tétanie d'herbage :

La tétanie d'herbage se traduit par l'apparition de crises de paralysie sur une vache adulte, dans les premières semaines de la mise à l'herbe.

Elle est caractérisée par une hypomagnésiémie (diminution du taux de magnésium dans le sang) et une hypocalcémie (diminution du taux de calcium dans le sang).

La mortalité est de 100% en l’absence de traitement et de 30% après un traitement. Il est donc indispensable de travailler en prévention !

 

Les facteurs de risques sont bien identifiés :

  • Les vaches laitières fortes productrices en début de lactation sont les plus touchées.
  • Le changement d’alimentation joue un rôle majeur : on a un passage brutal à une herbe jeune riche en eau, en potassium et en azote soluble (notamment dans les graminées) et pauvre en cellulose, sodium et magnésium, ayant de plus une grande proportion de feuilles qui contribuent à accélérer le transit.
  • Les conditions climatiques défavorables sont à l'origine d'un stress entraînant également une accélération du transit digestif et l’utilisation des graisses de réserve, processus qui accentuent la diminution du taux de magnésium dans le sang.

 

Ainsi, la prévention de la tétanie d’herbage s'appuie sur :

  • La prise en compte de la météorologie : il est recommandé d'éviter les jours froids et pluvieux en début de saison de pâturage, quitte à décaler de quelques jours la mise à l'herbe. A contrario, une mise à l'herbe précoce (dès février) permet également de ne pas se faire "déborder" par de l'herbe jeune lors de l'explosion de la pousse début mai.
  • Le choix des parcelles : il est préférable, autant que possible, d'éviter les parcelles à forte proportion de graminées.
  • La réalisation d'une transition alimentaire avec un bon apport énergétique avant la mise à l’herbe et un apport complémentaire de fibres, en général sous forme de foin sec et fibreux, dans les 3 à 5 premières semaines de la mise à l'herbe. Durant les deux premières semaines, il est aussi intéressant de ne sortir les vaches que deux ou trois heures dans l'après-midi, lorsque le rumen est plein.
  • Une fertilisation raisonnée évitant les excès d'azote. Il est possible d'amender les pâtures avec un engrais magnésien (magnésie, dolomite).
  • La complémentation des bovins adultes en magnésium par un apport de complément minéral vitaminé, des pierres à lécher, ou des bolus de minéraux administrés avant la mise à l'herbe.


Limiter les risques d'entérotoxémie :

L'entérotoxémie est une cause très fréquente de mort subite chez les jeunes bovins à l'herbe, après une très courte période de fièvre, de diarrhée, de ballonnement et de symptômes nerveux. La mort est due aux toxines (poisons bactériens) produites par des bactéries du genre Clostridium présentes en quantité anormalement importante dans le tube digestif des bovins.

L'entérotoxémie touche le plus souvent les meilleurs animaux d'un même lot, à la suite d’un  changement de régime alimentaire brutal. L'insuffisance d'abreuvement, les variations climatiques, le stress et la surconsommation de matières fermentescibles, seraient des facteurs de risque importants.

 

A la mise à l'herbe, la prévention passe, comme pour la tétanie d'herbage, par une transition alimentaire douce et l'apport de fourrage fibreux dans les premières semaines de mise à l'herbe et lors des fortes périodes de repousse.

Il est également possible de vacciner les animaux à risque (La primo-vaccination consiste en 2 injections séparées de 4 à 6 semaines. Les rappels sont annuels. Chez les femelles gestantes, afin d'obtenir un colostrum riche en anticorps, la seconde injection de primo vaccination ou l'injection de rappel doit être pratiquée 2 à 6 semaines avant la date de mise bas).


Complémenter l’alimentation dans les élevages à risque de myopathie-dyspnée :

Les carences en Vitamine E et Sélénium sont à l'origine d'une dégénérescence des fibres musculaires, appelée "syndrome myopathie dyspnée", "dystrophie musculaire nutritionnelle", "raide des veaux" ou "maladie du muscle blanc".

L’affection est le plus souvent mortelle en quelques jours et apparaît surtout de mars à juillet sur des veaux de race allaitante ou croisée. Le veau peut mourir de défaillance cardiaque brutale, ou présenter une forme respiratoire (respiration accélérée, œdème pulmonaire), ou encore une forme locomotrice avec de grandes difficultés au déplacement et des trémulations musculaires.

 

Dans des exploitations ayant déjà connu de tels cas, il convient de mettre en place une prévention par un apport en Vitamine E et Sélénium :

  • des mères lors de la gestation et de la lactation,
  • des veaux, à la naissance ou dans les premières semaines de vie,
  • par l'injection parentérale de sélénite de sodium, au moins un mois avant la période à risque.


Mettre en place une stratégie adaptée contre les vers digestifs :

L’infestation par les vers se produit dès la mise à l’herbe, avec des répercussions économiques importantes : retard des croissances des jeunes, amaigrissement des adultes avec dévalorisation des carcasses à l'abattoir, baisse de la fécondité des femelles reproductrices, baisse de production de lait chez les laitières, diarrhées parfois mortelles chez les jeunes.

 

La stratégie antiparasitaire est différente suivant les classes d'âge, le type de production et la destination des animaux :

  • Pour les jeunes bovins de 1ère année de pâture, un traitement approfondi est incontournable. On désire un contrôle maximal des parasites, tout en assurant un contact suffisant permettant l'installation d'une immunité si l'animal est destiné au renouvellement du troupeau. Par exemple, Il est possible d'appliquer un endectocide « pour-on » deux fois à 2-3 mois d'intervalle, avec idéalement une première application 3 semaines après le début de la mise à l'herbe lorsque c'est techniquement possible.
  • Pour les animaux de deuxième année de pâture, l'installation d'une immunité permet, éventuellement, de limiter les traitements : une seule application d’antiparasitaire à la mise à l'herbe est possible, sauf en cas d'apparition de bronchite vermineuse. Pour des animaux déjà déparasités à la rentrée à l'étable et arrivant sur des prairies neuves (retournées ou non pâturés depuis au moins 2 ans), il est même parfois possible de ne pas faire de traitement.
  • Pour les adultes, un traitement annuel à la mise à l'herbe est conseillé, et pourra être renouvelé en cas d'apparition de bronchite vermineuse. Les vaches laitières en lactation devront recevoir un traitement bénéficiant d'un temps d'attention nul pour le lait.

 

Attention ! Chaque élevage est un cas unique ! Selon le climat et la conduite du troupeau, il y a, au moment de la mise à l’herbe, un "profil parasitaire" spécifique que seul votre vétérinaire est apte à évaluer sur la base de sa connaissance de votre élevage et à l'aide d'examens appropriés. La prescription d’un antiparasitaire reste un acte médical qui ne jamais être pris à la légère pour être véritablement efficace !


Lutter contre les parasites externes :

 

La mise à l'herbe est aussi l'occasion pour les animaux, d'entrer en contact avec un nombre important d'insectes et d'acariens (principalement les tiques). Ceux-ci sont à l'origine de désagréments par leurs piqûres, mais également de l'apparition ou de la transmission d'un certain nombre de maladies, par exemple : la babésiose, l'anaplamose, la fièvre Q, l'ehrlichiose par les tiques, la FCO par les culicoïdes, la kérato-conjonctivite, les mammites d’été par certaines espèces de mouches.

 

La lutte contre ces parasites est toujours difficile car ils restent peu de temps en contact avec les bovins. Afin d’en limiter les désagréments et les maladies, on peut tout-de-même tenter de contrôler l'infestation :

  • en évitant que les animaux fréquentent les zones les plus favorables à ces parasites (limiter l'accès aux zones sablonneuses, humides et broussailleuses à l'abri du vent ; reculer les clôtures adjacentes à un sous-bois...).
  • en assurant une protection (malheureusement relative) par l'emploi de solutions insecticides et acaricides. Celles-ci sont disponibles sous forme de "spot-on", "pour on" ou de solution à utiliser diluée en pulvérisation sur l'animal.

 

Attention ici aussi : toute stratégie de lutte contre les mouches et les tiques doit être raisonnée et s’appuyer sur des produits de qualité utilisés de façon ciblée et complémentaire ! A défaut, vos traitements ont toutes les chances d’être coûteux, inefficaces, voire dangereux pour vos animaux, vous-même et l’environnement.