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La maladie de LYME chez le Cheval.

La maladie de Lyme est due à une bactérie du groupe des Spirochètes, Borellia burgdorferi, dont il existe quatre espèces en Europe.


Bactérie fine, spiralée, hélicoïdale, elle mesure 20 µm de long et 0,2 µm de large environ. Très mobile, elle présente la particularité de traverser facilement les muqueuses.

 

Cette maladie infectieuse est non contagieuse, cela veut dire que les animaux porteurs de tiques ne retransmettent pas la maladie aux autres animaux en les côtoyant.


Il faut l’intervention d’un vecteur de transmission, une tique, Ixodes ricinus, pour être contaminé par cette bactérie.

  

1-   Temps d’incubation :

 

La période entre l’infection initiale et l’apparition des signes cliniques est extrêmement variable. De plus, le moment où le cheval a été contaminé est difficile à identifier du fait, entre autres, de l’inconstance des manifestations cutanées et de la présence du pelage qui rend le repérage des lésions délicat.

  

2- Symptômes et signes cliniques :

 

Les manifestations musculo-squelettiques, ophtalmologiques et neurologiques sont les plus fréquemment décrites chez le cheval. Ces signes cliniques peuvent coexister ou, au contraire, se manifester indépendamment.

Les manifestations cliniques sont souvent récurrentes avec des périodes de rémission.

 

a- Manifestations générales :

 

Une réaction fébrile transitoire est parfois observée, généralement deux à trois jours avant l’apparition d’autres symptômes. La maladie peut s’accompagner d’une perte de poids chronique malgré un appétit conservé, d’anorexie, d’asthénie, de dyspnée ou de fourbure. Le cheval peut présenter une raideur généralisée liée à une myosite.

 

b- Manifestations articulaires :

 

Les manifestations articulaires sont les plus fréquentes et les plus caractéristiques de cette borréliose.

Les chevaux atteints présentent une boiterie chronique intermittente pouvant affecter un ou plusieurs membres de façon concomitante ou successive. Dans ces cas particulièrement aigus, le cheval peut refuser de se déplacer et même de se lever. La palpation des articulations révèle une douleur, une chaleur et un gonflement important associé très fréquemment à un oedème du membre dans son ensemble. Une crépitation est parfois audible à la manipulation en flexion du membre. Les grosses articulations comme le carpe et le jarret sont le plus souvent atteintes. En l’absence de traitement approprié, ces arthrites invalidantes peuvent durer plusieurs mois, entrecoupées de périodes de rémission.

 

c- Manifestations neurologiques :

 

Les signes neurologiques associés à B. burgdorferi sont ceux d’une encéphalite et/ou d’une méningite avec dépression, dysphagie, changement de comportement (agressivité ou irritabilité), inclinaison de la tête et paralysie faciale.

 

d- Manifestations oculaires :

 

La bactérie B. burgdorferi est susceptible de provoquer le développement d’une uvéite, de façon récurrente probable comme c’est le cas pour les leptospiroses. Des études réalisées aux Etats-Unis et en Allemagne montrent l’absence de corrélation entre le taux d’anticorps et le développement d’uvéites.

 

e- Manifestations cutanées :

 

Elles sont probablement assez fréquentes mais passent souvent inaperçues à cause du pelage de l’animal.

Une alopécie associée à une peau écailleuse, localisée aux régions des membres où des tiques ont été observées, a été décrite chez trois séropositifs.

Une hypersensibilité cutanée a été également observée chez un cheval en regard de zones de contractures musculaires associées à une infection à B.burgdorferi.

Ces lésions évoquent celles de l’érythème migrant observées chez l’homme.

 

f- Manifestations cardiaques :

 

Une seule description fait état d’un trouble cardiaque, un souffle systolique de grade II, audible à gauche, associé à une infection par B. burgdorfer.

 

g- Troubles de la reproduction :

 

Il a été décrit des avortements en nombre anormalement élevés sur des juments séropositives vis-à-vis de B. burgdorferi. Cependant, aucun rapport de cause à effet n’a pu être démontré entre la maladie de Lyme et la résorption embryonnaire ou l’échec de conception.

 

3-   Pronostic :

 

La maladie de Lyme chez le cheval n’est pas connue comme étant une cause de mortalité. Cependant, la gravité des manifestations cliniques et l’impotence qu’elle provoque, peuvent conduire à envisager l’euthanasie du cheval.

Le pronostic de survie dépend de l’organe concerné, de la durée et de la sévérité de l’infection, et de la rapidité de mise en place d’un traitement.

Le pronostic sportif est souvent défavorable, en particulier dans les formes articulaires, les plus nombreuses, du fait de l’altération de la locomotion associée aux arthrites laissant des séquelles irréversibles.

 

4-   Diagnostic :

 

Chez le cheval, le diagnostic clinique est encore plus difficile, parfois impossible. La grande diversité de signes cliniques ou leur absence fait que la maladie est souvent sous diagnostiquée. La maladie de Lyme doit désormais intervenir dans le diagnostic différentiel des manifestations articulaires, des signes nerveux et des uvéites bilatérales. L’apparition soudaine d’une boiterie avec arthrite migrante est à considérer comme un signe clinique caractéristique mais non exclusif. La borréliose de Lyme peut aussi être soupçonnée dans des problèmes chroniques, par exemple les arthrites chroniques ou une perte de poids inexpliquée…, après élimination des autres causes plus évidentes.

Il existe plusieurs méthodes de détections, surtout indirectes via la recherche d’anticorps dirigés contre la bactérie : ELISA, Immuno-Fluorescence, Western blot, chacune ayant des avantages. Quelque soit la technique utilisée, elles peuvent donner des résultats difficiles à interpréter : faux positifs ou douteux en ELISA ou en IFI, bandes non spécifiques en Western blot.

Ces réactions croisées peuvent être dues à l’existence d’antigènes communs à B. burgdorferi et à de nombreuses espèces bactériennes.

 

Diagnostic différentiel :

 

La borréliose de Lyme doit intervenir dans le diagnostic différentiel des manifestations articulaires, les affections nerveuses et les uvéites bilatérales.

Les affections articulaires intervenant dans le diagnostic différentiel des troubles articulaires sont :

- les maladies articulaires dégénératives

- les arthrites traumatiques

- les arthrites infectieuses

- les ostéomyélites

- les néoplasies

Les manifestations arthritiques sont toutefois les plus fréquentes lors de borréliose. Un accès de boiterie sans historique de traumatisme peut évoquer une maladie de Lyme.

Le diagnostic différentiel des affections nerveuses comporte, en plus de la maladie de Lyme :

- les myélites à protozoaires,

- le syndrome de la queue de cheval,

- les nématodes en migration dans le canal médullaire,

- les encéphalites à Herpès virus HEV1

- les myéloencéphalites dégénératives,

- l’anémie infectieuse des équidés,

- les ostéomyélites des corps vertébraux

- les lymphosarcomes du système nerveux,

- les compressions médullaires,

- les traumatismes.

Les autres affections intervenant dans le diagnostic différentiel des uvéites bilatérales sont (103,123):

- l’onchocercose,

- la leptospirose,

- la brucellose,

- la toxoplasmose,

- l’hypersensibilité aux streptocoques,

- l’hypersensibilité aux strongles,

- l’uvéite idiopathique.

 

5-   Traitement :

 

Le traitement de la maladie de Lyme repose sur l’antibiothérapie qui pourra être associée aux anti-inflammatoires non stéroïdiens.

En pratique, la pénicilline procaïne et/ou la benzathine pénicilline sont souvent utilisées en première intention et recommandées à la dose de 30.000 à 45.000 UI/kg/jour : une injection intramusculaire par jour pendant trois semaines. Lors de manifestations nerveuses de la maladie de Lyme, la ceftriaxone, la pénicilline G et l’oxytétracycline (6 à 12 mg/kg/jour durant trois semaines) par voie intraveineuse sont utilisées. Bien qu’efficace, le coût élevé de la ceftriaxone limite son utilisation en médecine vétérinaire. .

Certaines études ont conclu à la supériorité d’efficacité de la tétracycline IV par rapport à l’administration orale de doxycycline ou de ceftiofur en IM.

Selon Divers, la tétracycline (6,6mg/kg par voie intraveineuse stricte une fois par jour) est utilisée avec beaucoup de succès dans les cas où le cheval présente de la fièvre, des oedèmes des membres et de la raideur. Les chevaux présentant des signes plus typiques de la maladie de Lyme (boiterie intermittente, raideur, hyperesthésie…), sont plus souvent traités avec la doxycycline administrée par voie orale (5 à 10 mg/kg toutes les 12 heures) pendant un mois. L’absence de diarrhée doit être étroitement surveillée chez les chevaux traités par doxycycline.

Il faut rappeler que la doxycycline utilisée par voie intraveineuse, provoque, à faible dose (0,3mg/kg), des anomalies cardiaques avec modifications de l’électrocardiogramme, des fasciculations musculaires et un collapsus. A plus forte dose (3mg/kg), elle peut entraîner la mort.

Il est recommandé d’associer les deux traitements et de commencer la tétracycline une semaine avant la doxycycline, pour obtenir une réponse clinique rapide. La tétracycline possède un effet anti-inflammatoire immédiat indépendamment de l’action antibiotique.

Le ceftiofur peut aussi être utilisé  (2.2mg/kg IM toutes les 12 heures).

Le traitement antibiotique est d’autant plus efficace qu’il a été instauré tôt avant que des dommages débilitants apparaissent, pour prévenir des complications dramatiques qui peuvent survenir rapidement.

La durée du traitement est guidée par la réponse clinique et est habituellement de 10 à 30 jours.

Selon certains auteurs, un changement d’antibiotiques est à conseiller si aucune amélioration n’est observée après une dizaine de jours.

Un traitement anti-inflammatoire non stéroïdien par voie générale, associé au traitement antibiotique, est recommandé pour améliorer le confort et le rétablissement de l’animal même s’il masque l’évolution des signes cliniques et empêche la surveillance de la température. La phénylbutazone est généralement utilisée, particulièrement lorsque le cheval est atteint de fourbure.

Un protecteur de la flore intestinale et des compléments chondro-protecteurs peuvent être conseillés en traitements complémentaires.

Le traitement de l’uvéite causée par B.burgdorferi n’est pas différent des autres uvéites, et doit inclure, en plus du traitement antibiotique, un anti-inflammatoire non stéroïdien par voie systémique.

 

En France, il n’existe pas de vaccin contre la maladie à l’heure actuelle.