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La Maladie des Muqueuses des Bovins (BVD-MD)

BVD - Diarrhée Virale Bovine ou maladie des muqueuse

 

Le virus de la BVD (Bovine Virale Diarrhea = Diarrhée Virale Bovine) est une cause fréquente de maladies d’élevage, soit directement, soit indirectement en favorisant le développement d’autres problèmes sanitaires. Il peut donc conduire à l’utilisation importante de médicaments.
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Ses conséquences sont variables selon les élevages et les circonstances de la contamination : un passage du virus peut ainsi passer inaperçu ou provoquer des situations très difficiles économiquement. Comme toute maladie à virus c’est une maladie qui ne se soigne pas directement.
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La BVD ne fait l’objet ni d’une prophylaxie, ni d’une déclaration obligatoire. C’est donc aux éleveurs de s’organiser. A l’échelle collective, des mesures peuvent être prises localement, en fonction de la situation. A ce jour, l’éradication n’est pas envisagée. C’est une maladie très complexe. Sa bonne compréhension est d’ailleurs assez récente. Le virus est très présent dans nos régions et l’éliminer demanderait un engagement long et lourd.
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Une bonne connaissance de la maladie et de ses facteurs de risque peut aider chaque éleveur à évaluer son niveau de risque et à prendre les mesures adaptées pour se protéger. Il est donc important de comprendre les caractéristiques du virus et son fonctionnement.


Un virus des ruminants, non transmissible à l’homme

 

Il concerne essentiellement les ruminants, et plus particulièrement les bovins, qui

seuls, peuvent être malades. Les petits ruminants ne font qu’héberger le virus.

 

Un virus peu résistant dans le milieu extérieur

 

Le virus BVD est un virus assez fragile en dehors du corps de l’animal, facilement tué par des températures élevées, les rayons ultra-violets, les désinfectants usuels… Plus la chaleur est importante, moins il résiste. En règle générale, dans les conditions normales d’élevage, la durée de vie du virus est de quelques heures. Par conséquent, le milieu extérieur et le matériel jouent un rôle mineur dans la transmission du virus à un animal.

Il touche essentiellement les bovins. Les petits ruminants peuvent l’héberger mais sont surtout atteint par un virus cousin : celui de la Border Disease. Le virus BVD n’est pas contagieux à l’Homme.

Il y a de nombreuses souches différentes du virus BVD. Toutefois, celles qui circulent en Europe se ressemblent suffisamment pour qu’il y ait une immunité croisée efficace, après infection comme après vaccination. Ces souches sont diversement agressives. Certaines passent presque inaperçues alors que d’autres occasionnent des mortalités importantes.

Il n’y a pas un virus unique BVD

 

Cela signifie qu’un animal protégé contre une souche BVD (par une infection naturelle ou par une vaccination) est en règle générale correctement protégé contre une autre souche.

Toutes les sécrétions et excrétions des animaux infectés contiennent du virus. Celles qui en contiennent le plus sont les sécrétions nasales et respiratoires. Elles jouent un rôle prépondérant dans la contagion entre bovins : le virus passe souvent de l’un à l’autre à l’occasion de contacts « mufle à mufle ».



Une vache gestante transmet le virus à son fœtus. Les conséquences sont différentes suivant l’époque de la gestation à laquelle on se trouve, comme indiqué dans le schéma ci-contre :

 

La contamination du fœtus entre 40 et 120 jours de gestation environ provoque un phénomène original : à cet âge le fœtus n’est pas encore suffisamment formé pour savoir distinguer le virus de son propre corps, ce qui l’empêche de pouvoir s’immuniser. Le fœtus ne peut donc pas développer ses propres défenses et d’éliminer le virus. S’il survit à l’infection in utero, il reste porteur du virus et devient contagieux à vie. Il est devenu ce qu’on appelle un infecté permanent immunotolérant ou I.P.I

-       C’est ainsi que l’on distingue 2 types d’animaux capables de transmettre le virus BVD :
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L’IPI naît IPI (un bovin ne peut pas le devenir en dehors du tout début de sa vie foetale). Il est contagieux de sa naissance à sa mort et répand de grandes quantités de virus autour de lui. On dit que c’est une « bombe à virus ». La plupart des IPI meurent avant l’âge de 2 ans d’une affection diarrhéique et ulcéreuse généralisée : la Maladie des Muqueuses (seuls les IPI font cette forme particulière de la BVD). La moitié environ sont chétifs et maladifs. Mais d’autres sont extérieurement tout à fait normaux et même capables de se reproduire. Ils donnent alors systématiquement des veaux IPI.

 

-       Le « virémique transitoire » ou infecté temporaire, est un bovin normal qui rencontre le virus BVD pour la première fois. La multiplication du virus dans son organisme diminue temporairement ses défenses immunitaires, ce qui favorise des infections secondaires (diarrhées des jeunes, maladies respiratoires …). S’il s’agit d’une vache pleine, elle peut perdre son veau (infécondité, avortement) ou donner un veau IPI (voir ci-dessus). Cependant, au bout de 2 semaines environ, l’organisme reprend le dessus. Le bovin s’immunise, se débarrasse du virus et cesse d’être contagieux. Il restera solidement immunisé, probablement à vie. Pendant les 2 semaines où il est contagieux, un bovin infecté temporaire répand moins de virus autour de lui qu’un IPI .


Méthodes d’analyses

 

Les analyses de laboratoire sont utilisées pour mettre en évidence l'existence d'une circulation virale dans un élevage et pour détecter les animaux contagieux, particulièrement les IPI (bovins Infectés Permanents Immunotolérants)

On distingue les techniques qui permettent de mettre en évidence :

-       les anticorps : on parle alors de sérologie (aussi bien sur une prise de sang que sur le lait),

-       le virus ou certains de ces constituants : il s'agit alors de virologie (antigénémie ou PCR) sur le sang, des organes ou du cartilage auriculaire.

Le choix ou la combinaison des différentes méthodes dépend des informations qu’on cherche à obtenir et aussi de l’âge des animaux. Dans tous les cas, les résultats des analyses doivent être interprétés en tenant compte : de l'âge des animaux, et du contexte de l'élevage pour lequel les analyses ont été effectuées. Se souvenir aussi que, du point de vue des analyses sérologiques, la BVD fonctionne un peu à l’inverse d’autres maladies : ici, les animaux les plus dangereux, les IPI, ont des sérologies négatives alors que les séropositifs sont le plus souvent des animaux protégés et non contagieux.

Vaccination :

Grâce à la protection croisée, les vaccins actuels sont efficaces contre les différentes souches de virus BVD qui circulent en France. Ils évitent les problèmes cliniques dus à la maladie et limitent la circulation virale. Certains protègent à au moins 90% contre la production de veaux IPI.
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Certains vaccins peuvent interférer avec les réactions sérologiques des animaux.
La vaccination ne doit pas dispenser de mettre en œuvre d’autres mesures de protection des élevages (voir plus loin : Comment se prémunir contre le risque BVD ?).

La protection vaccinale est moins durable que celle qui fait suite à un contact avec le virus. Elle nécessite des rappels réguliers, conformes aux préconisations des laboratoires producteurs. Pour ne pas manquer les rappels, un bon suivi sur le carnet sanitaire est indispensable.


Quand penser au BVD en élevage ?

 

Les signes de la présence du virus BVD dans le troupeau sont très variés (et parfois absents …). Il faut distinguer ceux qui doivent forcément y faire penser (les signes d’appel majeurs) et ceux qui doivent conduire à évoquer la BVD parmi d’autres hypothèses (signes d’appel mineurs).


Les signes d’appel majeurs :

  • · Cas de maladie des muqueuses : diarrhée profuse, le plus souvent chez un jeune bovin, rebelle à tout traitement, souvent accompagnée d’ulcères dans la bouche et entre les doigts, avec mort inéluctable, le plus souvent en 3 à 10 jours. La maladie des muqueuses ne touche que les bovins IPI, pas les autres bovins du troupeau.
  • Naissance de veaux faibles ou malformés (atrophie du cervelet ou des yeux, cataracte, déformation des membres),
  • · Maladie hémorragique, mortelle, sur des jeunes veaux, due à des souches hyper virulentes du virus BVD, rare en France.

Les signes d’appel mineurs :

  • · Troubles de la reproduction (infécondité, avortements…),
  • · Diarrhées des jeunes veaux,
  • · Episodes de diarrhées néonatales persistantes avec échecs de traitements,
  • · Maladies respiratoires rebelles aux traitements habituels.

Pour certains d’entre eux, ces signes sont liés à l’effet immunodépresseur notable du virus.


Attention : Aucun signe clinique n’est véritablement caractéristique de la BVD. Même la maladie des muqueuses peut être confondue avec d’autres affections. On ne peut donc pas avoir de certitude sur l’implication du virus BVD tant qu’on n’a pas de résultats d’analyses confirmant la suspicion.

Au moindre doute, il faut en parler avec nous : les prélèvements devront être choisis avec soin, de manière adaptée à la situation de l’élevage, conservés et transmis au laboratoire dans de bonnes conditions, accompagnés de commémoratifs précis qui orienteront le laboratoire dans ses recherches.