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LES TIQUES


Les tiques sont des acariens ectoparasites de vertébrés (y compris vertébrés à sang froid tels que les reptiles).

Elles passent une partie de leur cycle au sol (éclosion, métamorphose et quête d'un hôte), et une autre partie (deux ou trois stades) ancrées sur la peau de mammifères ( sauvages ou d'élevage), d'oiseaux ou de reptiles, se nourrissant de leur sang grâce à leur rostre. Elles peuvent à cette occasion transmettre à leurs hôtes de nombreux agents pathogènes connus ( viruqs, bactéries, protozoaires, nématodes) responsables des maladies vectorielles a tiques ( Piroplasmose, maladie de Lyme, Erlischiose), et parfois des neurotoxines (responsables de paralysie à tiques). L'homme peut développer des allergies à leur salive.

Ce sont surtout les femelles adultes nourries, ou en train de se gorger de sang qui sont les plus repérables, car bien plus grosses que les autres stades de développement. À titre d'exemple, on a pesé sur une balance de précision une femelle de la tique Hyalomma asiaticum avant et après son repas final. Elle était 624 fois plus lourde après son repas qu'avant ; pour un être humain, ce serait comme de passer de 60 kg à 37 tonnes après 4 ou 5 jours de repas constant. De tels repas permettent aux tiques de pondre de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de milliers d'œufs (ce chiffre variant selon les espèces et selon les individus au sein de l'espèce).

En général, dans la végétation, la dispersion des individus est la règle, mais des regroupements sur une même herbe sont possibles, par l'effet des phéromones (médiateurs chimiques servant à la communication entre tiques) ; des concentrations spatiales plus larges s'observent aussi, notamment au niveau de biotopes favorables, par exemple autour des points d'eau, ou de zones d'ombre, ou de regroupement ou passage d'animaux… Les tiques se détachent de leur hôte, gorgées de sang, après un repas qui dure rarement plus d'une semaine pour le stade adulte femelle, moins pour les autres stades.


cycle de vie d'une tique

Cycle de reproduction

 

Comme nous l'avons dit plus haut le cycle de la tique se déroule à al fois dans le milieu extérieur mais aussi nécessite la présence d'hôtes afin de réaliser des repas sanguins, indispensables aux changements de stade de l'animal.

Dans la plupart des cas, durant son cycle de vie, une tique change d'hôte à chacun de ces stades :

  • Le cycle est dit « triphasique » quant au sortir de l'œuf, la larve se fixe sur un premier hôte qu'elle quitte après y avoir fait son premier repas, c'est-à-dire effectué sa première phase parasitaire. Elle mue alors au sol, puis doit trouver un nouvel hôte pour son repas nymphal, qui est la deuxième phase parasitaire, après quoi elle se laissera à nouveau tomber au sol pour effectuer la mue de transformation en adulte. Devenue adulte, elle recherche un troisième hôte pour effectuer le dernier repas ou troisième phase parasitaire (chez ces tiques, les adultes sont toujours plus porteurs de pathogènes transmissibles que la nymphe et la larve, chaque repas étant un risque de contracter les germes). Exemple : Rhipicephalus sanguineus a un cycle triphasique monotrope (c'est-à-dire effectué sur la même espèce-hôte aux 3 stades).

Seules les tiques adultes s'accouplent, au sol avant la quête de l’hôte ou sur l’hôte lui-même. Après l'accouplement, le mâle meurt ; la femelle meurt après la ponte.


Répartition géographique en Fance des tiques.

 

Les tiques ont des habitats variés selon les espèces. Celles très dépendantes de l'humidité, sont soit inféodées aux milieux forestiers, péri-forestiers ou boisés, soit confinées dans des abris de taille réduite permettant le maintien de l'humidité (nids, terriers, grottes, étables…). Quelques espèces sont adaptées aux climats secs, voire désertiques.

En France, 3 espèces de tiques sont largement dominantes : Dermacentor reticulatus, Ixodes ricinus et Rhipicephalus sanguineus. Il est très difficile de savoir à l'œil nu à quelle espèce appartient une tique. On parle parfois de tiques brunes et de tiques blanches, mais taille et couleur varient en fonction du stade de développement du parasite et du fait qu'il soit gorgé de sang ou pas. Seuls les spécialistes armés d'un microscope sont capables de reconnaître l'espèce d'une tique.

Les tiques sont présentes sur tout le territoire national (voir les cartes), mais avec des variations régionales. Comme les différentes tiques ne transmettent pas les mêmes maladies, la répartition territoriale des tiques a un impact sur les risques encourus par les animaux de compagnie. Les risques varient en fonction du lieu de résidence et de l'accès ou pas à des zones favorables aux tiques.

L'aire de distribution des tiques (sauf peut-être en zone très aride) s'étend nettement, notamment en altitude. Ceci va probablement s'accompagner d'une augmentation des régions touchées par les maladies transmises par les tiques.

La recherche évoque plusieurs causes, complémentaires et aggravantes, de pullulation ;

  • les modifications climatiques, favorisant en zone froide et tempérée la survie hivernale des tiques, et favorisant leur remontée en altitude ; le facteur climatique pour certaines espèces semble être un des bons signes annonçant des pullulations ou changements d'aire de répartition.
  • des modifications environnementales profondes, d'origine anthropique, incluant :
  1. une raréfaction des ennemis des tiques en liaison avec une large contamination de l'environnement par les insecticides, qui pourrait expliquer un recul important des insectes et acariens parasites-prédateurs, notamment les guêpes parasitoïdes, ainsi que par les fongicides, avec la régression des nombreuses espèces de champignons entomopathogènes, avec aussi un recul des nématodes parasites des tiques.
  2. des modifications paysagères : En Amérique du Nord, les tiques seraient plus nombreuses dans les forêts plus fragmentées, peut-être en raison de l'augmentation des cultures en lisière.
  3. la densification des hôtes des tiques artificiellement alimentés : rongeurs, sangliers et cervidés notamment très favorisés par l'agrainage, mais aussi par l'étendue croissante des cultures céréalières en lisière forestière, et la perte de milliards de grains de céréales le long des axes de transport (route, voies ferrées) après les moissons, etc. (quantifiée sur certains axes aux USA, car attirant des sangliers qui causent des accidents).
  4. la densification des hôtes liée à la disparition de leurs prédateurs, pourchassés ou décimés par les polluants. Les zones de pullulation de tiques correspondent souvent à des zones où les grands prédateurs ont disparu et où le grand gibier est (sur)alimenté


Les maladies liées aux tiques

 

Les tiques seraient dans le monde - si on considère la totalité de leurs populations - les vecteurs du plus grand nombre de micro-organismes différents. Ce sont des agents vecteurs de nombreuses pathologies humaines et animales.

Elles véhiculent notamment des maladies émergentes, ré-émergentes humaines et/ou animales ou qui pourraient le devenir :

  • Borréliose, ou Maladie de Lyme, due à Borrelia burgdorferi...
  • Babesiose, due à un parasite : Babesia, autrement appelée Piroplasmose,
  • Anaplasmoses (dont l'anaplasmose bovine), dues aux Anaplasma
  • Peste porcine africaine (en zone tropicale), due à un Pestivirus
  • West Nile Virus (en zone tropicale, et peut-être tempérée)
  • Rickettsiose (maladies sévères graves, dont la fièvre boutonneuse méditerranéenne et le typhus), dues à des rickettsies
  • Coxiellose due à Coxiella burnetii,
  • Bartonellose due à Bartonella, via au moins la tique Ixodes ricinus (transmission expérimentale effective pour Bartonella henselae, avec de forts arguments épidémiologiques en faveur d'une transmission vectorielle naturelle.
  • Franciselloses due à Francisella
  • Leishmaniose, due à Leishmania infantum, via la tique Rhipicephalus sanguineus dont les glandes salivaires abritent naturellement ce pathogène, avec passage transovarien (« de mère en fille ») démontré chez cette même tique, sans qu'on ait encore mesuré l'effecitivité de la transmission dans la nature.
  • Diverses viroses, dues à des virus ou arbovirus
  • Ehrlichiose ou Cowdriose, due à la bactérie Ehrlichia ruminantium..

Les morsures de tiques peuvent parfois être causes d'urticaire ou de choc allergique (Choc anaphylactique). Ces réactions sont plus ou moins fréquentes selon les espèces : de nombreux cas sont documentés pour Argas reflexus, Ixodes ricinus, Ixodes holocyclus et Ixodes pacificus, mais l'allergie semble plus rare pour les Rhipicephalus.


Comment protéger mon animal contre les tiques :

 

Il existe plusieurs façons de protéger un chien ou un chat contre les tiques :

  • Limiter l'accès des chiens aux zones naturelles pouvant servir de refuge aux tiques. C'est assez compliqué, même en ville, car certains jardins publics peuvent héberger des tiques. Vous pouvez vous renseigner auprès de votre vétérinaire, il connaît les coins à éviter. Il est de toute façon conseillé d'examiner l'animal au retour de promenade : si des tiques sont trouvées, il faut les retirer manuellement (lien vers retirer des tiques) et traiter l'animal avec un produit contre les tiques.
  • La méthode la plus pratique est de traiter son chien ou son chat préventivement avec un produit contre les tiques. Il en existe diverses présentations avec des modes et des rythmes d'administration variés. N'hésitez pas à nous demander conseil afin de déterminer la stratégie et le produit le mieux adapté à votre cas. N'oubliez pas qu'un traitement contre les tiques doit être régulièrement renouvelé et que la protection atteint rarement les 100%. De nombreuses solutions existent :

Les pipettes ( spot-on) dont l'application au contact de la peau doit se faire au moins une fois par mois, des sprays pour les chiens dont l'application doit être soignée et des comprimés dont l'efficacité dure jusqu'à 3 mois en une seule administration.

  • Si vous habitez dans une région à risque, il est néanmoins conseillé de continuer à rechercher les tiques sur les animaux au retour de promenade ou après une journée de chasse. En effet, la tique ne transmet la plupart des maladies qu'après une à deux journées de repas sanguin, ce qui laisse le temps de la décrocher avant.
  • Attention, n'utilisez jamais un produit anti-tique prévu pour les chiens sur un chat sans l'avis de votre vétérinaire. Certains de ces produits sont mortels pour les chats.

 

Enlever les tiques sur un animal

Ce qu'il ne faut pas faire :
  • Tirer sur la tique : on a toutes les chances de laisser un morceau du parasite en place, ce qui représente une porte ouverte aux microbes de surinfection.
  • Appuyer sur la tique avec les doigts ou avec une pince : presser sur l'abdomen du parasite est à l'origine d'une régurgitation, or c'est au cours de la régurgitation que se produit la transmission des maladies !
  • Verser un produit sur la tique (éther, alcool, désinfectant…) ou la brûler avec une cigarette : cela produit également une régurgitation réflexe, et donc un risque majoré de transmission de maladie.

 

Ce qu'il faut faire :

 

  • A défaut de crochet, on peut tout simplement appliquer un produit anti-tique sur son animal et attendre la mort des tiques. Quel que soit le produit utilisé, plusieurs heures sont nécessaires. Parfois aussi, les tiques meurent mais ne se décrochent pas tout de suite, ce qui n'est pas grave, l'essentiel étant qu'elles ne puissent plus transmettre de maladies.


Conclusion :

 

La tique est un parasite des mammifères domestiques et de l'homme dont la répartition et le nombre augmente progressivement. Non seulement par son rôle spoliateur mais aussi par son rôle de vecteur de maladies elle représente un risque important pour nos animaux domestiques.

Les mesures préventives reposent à la fois sur un examen attentif de l'animalet de son maître au retour de ballade mais aussi par des traitements acaricides qui tueront la tique avant qu'elle ne fixe ou avant qu'elle ne transmette des maladies à son hôte.

Nous sommes donc à votre disposition pour mettre en place avec vous des moyens de lutte adaptés au mode de vie de votre animal, n'ésitez donc pas à venir nous consulter afin d'en parler.