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Les mouches, du fumier à l'animal…

Véritable fléau à la belle saison, les mouches en élevage sont non seulement source de nuisances pour l’exploitant et les animaux, mais sont aussi vecteurs de maladies et ont un impact réel sur la production. Autant de raisons de bien connaître ces parasites pour assurer une lutte efficace !


Quelles sont les mouches présentes dans les élevages ?

 

Il existe en France près de 600 espèces différentes de mouches. La plus fréquente est la mouche domestique (Musca domestica), qui affecte tous les ruminants et se localise essentiellement dans les bâtiments (mais aussi la maison de l'éleveur !). D'autres mouches fréquentent les élevages, telles la mouche d'automne (Musca autumnalis), et la mouche de la tête (Hydrotea irritans), ou encore des espèces piqueuses, comme les stomoxes (Stomoxys calcitrans) et les haematobia (Haematobia irritans)


Cycle de développement des mouches

Pourquoi sont-elles si nombreuses ?

 

La durée de vie totale d'une mouche est d'une vingtaine de jours. Durant cette période, elle passe de l'œuf au stade larvaire, puis à l'état de mouche adulte (voir schéma ci-contre). Au stade adulte, une seule mouche femelle peut pondre jusqu'à 1000 œufs. A chaque « tour » de cycle, la population de mouches est donc multipliée par mille.

La durée du cycle est influencée par plusieurs facteurs, dont la température ambiante (cf. figure 2). Les premières mouches sortent d'hibernation en avril. En été, une semaine peut suffire à sauter une génération. Ainsi, laisser se reproduire les premières mouches d'avril, puis ne pas traiter pendant 3 générations, donc pendant 6 à 9 semaines, c'est l'assurance d'avoir affaire à 250 millions de mouches à la mi-juin !


Quel est l'impact des mouches sur le troupeau ?

 

En les harcelant sans cesse, les mouches augmentent la nervosité des animaux et perturbent leur alimentation et leur repos. Leur manipulation devient plus difficile, particulièrement en salle de traite, occasionnant au moins des pertes de temps, au pire un risque accru d'accident ou de détérioration de matériel. Conséquence moins visible, la production de lait et de viande est affectée (jusqu'à 3 litres de lait par jour, ou une perte de 200 grammes de GMQ à l'engraissement). Si elles sont nombreuses, les mouches piqueuses, qui se nourrissent du sang du bétail, peuvent aussi provoquer des anémies.

 

En outre, les mouches sont vecteurs de maladies. Les plus connues sont les mammites d'été et la kératoconjonctivite.  Les mammites d'été sont transmises en particulier par Hydrotea irritans, qui en se posant sur la mamelle, dépose la bactérie responsable à l'entrée du trayon. Souvent détectées trop tardivement chez les vaches taries elles entraînent alors la perte définitive du quartier.

 

La kératoconjonctivite  infectieuse des bovins, transmise principalement par la mouche d'automne, est une infection oculaire très contagieuse. Sans soins précoces, l'animal peut perdre l'usage de l'œil atteint.

Ces deux maladies très spécifiques sont loin de constituer le seul risque. Les mouches transportent nombre d'autres microbes dangereux en élevage, parmi lesquels les salmonelles ou les colibacilles.


Comment organiser un plan de lutte ?

 

Les principes de base de la lutte raisonnée contre les mouches sont assez simples. Intervenir le plus tôt possible dans la saison, et agir à tous les niveaux du cycle parasitaire. Le plan classique se construit alors autour de trois axes :

  • agir sur les facteurs favorisant le développement des mouches,
  • traiter les bâtiments,
  • puis traiter les animaux.

 

La présence de matière organique, la chaleur, l'absence de courant d'air, sont les trois principaux facteurs favorisants du développement des mouches. La première des mesures à prendre est donc d'agir sur l'hygiène des locaux et des animaux : curer les fumiers souvent et sitôt la sortie des animaux.

 

Dès l'apparition des premières mouches (qui peut être détectée plus facilement en plaçant des appâts insecticides au début du printemps, et en observant les premières mouches mortes), un traitement avec une spécialité chimique larvicide doit être démarré dans les fosses à lisier, les fumières, et toutes les zones où stagnent des matières organiques. Le traitement devra être renouvelé toutes les 4 à 6 semaines, selon le produit utilisé.

 

La lutte contre les mouches adultes commence par le traitement des bâtiments au moyen d'un produit adapté, à pulvériser sur les surfaces. Ce traitement gagnera à être complété par des appâts insecticides, des rubans attrape-mouches, ou l'installation de brasseurs d'air (particulièrement en salle de traite). Le traitement des mouches adultes se poursuivra  au moins jusqu'à fin septembre.

 

Enfin, le traitement du bétail lui-même, par un produit à application cutanée (pulvérisation, balnéation ou pour-on), complétera le plan de lutte, en agissant également sur les mouches en dehors des bâtiments d'élevage. Mais en aucun cas, le traitement du bétail, utilisé seul, suffit à contenir les populations de mouches.


Existe-t-il des alternatives à la lutte chimique contre les mouches ?

 

En élevage biologique notamment, la lutte contre les mouches nécessite d'utiliser des produits insectifuges : pyrèthre naturel, roténone, extraits végétaux, qui sont moins spécifiques, moins efficaces et agissent moins longtemps que les spécialités insecticides conventionnelles.

 

Les mesures complémentaires (curage, ventilation, appâts) sont d'autant plus importantes. Elles peuvent également être associées à l'introduction d'insectes prédateurs naturels des mouches (des petites espèces de guêpes par exemple), qui pondent leurs œufs dans les pupes des mouches (cf. figure 1) et les détruisent.

Il faut alors rechercher un seuil acceptable de mouches, le moins pénalisant possible pour l'élevage.

 

Un plan de lutte contre les mouches se raisonne donc pour tenir compte de vos pratiques d'élevage et de la biologie des parasites. Votre vétérinaire saura vous apporter le conseil nécessaire.